Les Gardiens du rêve
Association à Sarreguemines

Alain Rath, l’un des fondateurs, revient sur l’histoire de cette association qui réunit des passionnés de jeux de société, de figurines et de rôle depuis plus de 30 ans.

L’histoire de cette association remonte à l’année 1987. Sarreguemines était alors bien différente ; au centre-ville, on faisait ses emplettes aux Nouvelles Galeries et on allait se faire une toile à l’Éden, rue Louis Pasteur. À cette époque, Alain Rath et sa bande de copains s’étaient pris de passion pour les jeux de société, de figurines et les jeux de rôle. Ainsi, ils se réunissaient pour jouer régulièrement, notamment à « Rêve de dragon », un jeu de rôle médiéval onirique paru pour la première fois en 1985. Dans ce jeu, ce sont les dragons qui créent le monde… grâce à leurs rêves. Un dragon qui se réveille, et c’est une partie du monde qui s’écroule. L’objectif est donc de tout faire pour que les dragons restent endormis, et que le rêve continue… « Les Gardiens du rêve » venaient de voir le jour.

Aujourd’hui, Sarreguemines a bien changé ; les Nouvelles Galeries ont été remplacées par le Carré Louvain, et ce sont les cinémas Forum qui accueillent désormais les férus de films sur grand écran. À présent, Alain Rath est bijoutier à Puttelange-aux-Lacs. Mais s’il y a bien deux choses qui n’ont pas changé, c’est sa passion pour les jeux et les rendez-vous hebdomadaires qu’il leur consacre ! En effet, tous les vendredis à 20h, les membres des Gardiens du rêve se retrouvent au Foyer culturel autour de leurs jeux favoris. Pour certains, comme pour Alain Rath, président de l’association, ce rituel se perpétue depuis plus de 30 ans.

Bien que le rendez-vous soit toujours le même, les jeux auxquels jouent les Gardiens du rêve ont évolué avec le temps, comme l’explique Alain Rath : « Deux points ressortent plus particulièrement, analyse-t-il. Les jeux actuels sont plus complexes et en même temps plus intéressants. Les règles sont souvent plus travaillées. De plus, actuellement, le matériel est de meilleure qualité. » Mais surtout, les jeux sont de plus en plus nombreux ! Plus de 8 000 sorties par an, d’après Alain Rath. Une abondance qui s’explique en grande partie par la démocratisation de ce type de jeux au cours des dernières années, aussi bien au niveau international qu’au niveau local. « Il suffit de voir le monde qui se déplace dans un salon tel que celui d’Essen [en Allemagne, NDR], où une délégation du club va se rendre à la fin du mois, remarque-t-il. Et si on veut voir plus près, il me semble que 3 000 personnes sont venues à la dernière fête du jeu [Festival « La Sarr’en Jeux », NDR] ».

Comme le souligne ici Alain Rath, Sarreguemines aussi se met à la mode des jeux en organisant de nombreux évènements par le biais de la ludothèque et de la médiathèque. Évènements au sein desquels les « Gardiens du rêve » s’investissent régulièrement : « Nous participons activement aux soirées jeux de la médiathèque, et nous étions présents à quinze animateurs lors de la dernière fête du jeu organisée à la mairie. »

Un loisir qui se popularise au niveau mondial et des actions organisées au niveau local ; il n’en fallait pas plus pour que le bouche à oreille se mette à fonctionner et que Les Gardiens du rêve voient leurs rangs se renforcer d’année en année. « Les 20 premières années, nous étions en moyenne entre 30 et 40, raconte Alain Rath. Depuis une dizaine d’années, nous dépassons les 50 membres, avec même plutôt 60 membres ces 3 dernières années. » Un nombre croissant de membres qui permet à Alain Rath et aux autres de créer du lien et de faire de nouvelles rencontres : « Tous les jeux que je pratique [de société, de figurines ou de rôle, NDR] me permettent de rencontrer d’autres personnes qui partagent la même passion que moi. Selon le jeu, on se confronte ou on coopère afin de réussir notre partie, et toujours dans une ambiance conviviale. » Autre aspect positif non négligeable de la pratique de ces jeux : l’augmentation de certaines capacités cognitives. « En jouant, on développe des stratégies, affirme Alain Rath. On fait fonctionner sa mémoire, on devient réactif face à des situations nouvelles... »

Pour les débutants qui souhaiteraient s’aventurer dans l’univers des jeux de société, de rôle ou de figurines, Alain Rath leur conseille de « jouer, jouer, jouer, et ne jamais abandonner une partie sur un échec. Et puis, si on est très intéressé, venir au club afin d’avoir des conseils des autres joueurs ! ». D’après lui, le contexte actuel semble réellement propice à ce type de hobbies : « Dans une société tournée vers les loisirs, les jeux que nous pratiquons ont un bel avenir ». Alors, lorsqu’il nous partage son souhait de voir cette association de 32 ans perdurer encore au moins autant d’années, cela ne semble même pas être trop demander...

Plus d’info. : gardiensdureve.forumactif.org

E.H.

Photographie : Certains des membres des Gardiens du rêve lors de la dernière AG. À gauche, Alain Rath, président de l’association. © Document remis